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Etude clinique pour mieux comprendre le fonctionnement cérébral des enfants à haut potentiel

February 7, 2017

 

 

Une étude clinique menée à Lyon va permettre de mieux comprendre le fonctionnement cérébral des enfants précoces ou à haut potentiel (HP). Une problématique qui concerne près de 3% de la population en France.

 

On les qualifiait autrefois de précoces voire de surdoués. Ils sont aujourd’hui considérés comme des enfants à "haut potentiel" (HP). Ces deux initiales concerneraient près de 3% de la population en France. Une statistique suffisamment éloquente pour avoir motivé une étude clinique menée à Lyon par le CERMEP – Imagerie du Vivant, le CHU de Lyon et l’Université Lyon 2, étude co-financée – à hauteur de 50 000 euros – par la Fondation Apicil contre la douleur. Une première.

 

Objectif ? Mieux comprendre le fonctionnement cérébral de ces enfants intellectuellement précoces.

 

Comment ? En réalisant une étude par IRM (Imagerie par résonance magnétique) sur les connexions du cerveau, son anatomie, son fonctionnement, sur un panel de 80 enfants âgés de 8 à 12 ans.

 

Tous ces jeunes patients, sélectionnés par le pédopsychiatre Olivier Revol, ont passé un test de QI afin de les répartir en quatre groupes :

  • les QI "normaux". 

  • les QI homogènes.

  • les QI hétérogènes.

  • les enfants souffrant de troubles d’attention.

 

Le paradoxe des enfants à haut potentiel

 

"Tous les enfants HP ont des points communs, qu’il s’agisse du sens de l’injustice, de l’hypersensibilité, mais certains ont d’excellents résultats scolaires alors que d’autres sont en échec. Pourquoi ? Tout l’intérêt de cette étude est là, à savoir comprendre le traitement des informations par le cerveau" , précise le docteur Olivier Revol, chef du service de neuropsychiatrie de l’enfant au CHU de Lyon.

 

Pour y parvenir, les chercheurs ont utilisé sur le panel une technique non invasive, l’Imagerie à résonance magnétique fonctionnelle(1), pour analyser les activités cérébrales, qu’elles soient stimulées ou non. Cette étude a confirmé l’existence de deux profils d’enfants HP mis en évidence par Fanny Nusmaum, psychologue, chercheur en psychologie et neurosciences à l’Université Lyon II :

  • un profil laminaire sans difficulté scolaire.

  • un profil complexe.

Le premier profil se traduit par une distribution plutôt homogène des capacités cognitives de l’enfant, avec un comportement adapté à l’environnement.

 

Quand au second profil, il révèle une hétérogénéité des capacités cognitives (dyssynchronie cognitive) et se traduit souvent par un décalage entre la sphère intellectuelle très mature dans certains domaines et la sphère émotionnelle et relationnelle beaucoup plus fragile.

 

Améliorer l’apprentissage scolaire des enfants précoces

 

"Cette étude permet de mieux comprendre le fonctionnement cérébral des enfants HP avec la perspective de l’intégrer aux techniques pédagogiques des enseignants, explique Dominic Sappey-Marinier, biophysicien et chef du département IRM au CERMEP à LyonComme les muscles d’un sportif, le cerveau des enfants est extrêmement "plastique" et se développe selon les stimulations de son environnement. Par des techniques adaptées au fonctionnement cérébral et à celui des enfants HP complexes ou laminaires, on pourra améliorer l’apprentissage scolaire. C’est le principe de la  "neuroéducation"  (Ndlr: utiliser les connaissances des neurosciences pour faciliter l’apprentissage et concevoir des méthodes pédagogiques mieux adaptées au fonctionnement cognitif des enfants)".

 

Au-delà de cette possibilité d’adapter la pédagogie au profil de l’enfant, cette étude va aussi permettre une meilleure prise en charge des enfants sur le plan éducatif, psychologique, neuropsychologique et médicamenteux.

 

Obtenir une cartographie cérébrale de l’enfant précoce

 

Suite à cette première phase, l’analyse des cartographies cérébrales obtenues chez les enfants à haut potentiel sera comparée à celles des enfants souffrant de troubles de l’attention afin de proposer un nouvel outil d’aide au diagnostic. En effet, on observe souvent un lien significatif entre les enfants souffrant de troubles de l’attention et certains enfants à haut potentiel, notamment les HP complexes : vulnérabilité attentionnelle, troubles psychomoteurs et/ou émotionnels, attitude relationnelle en décalage important avec certaines de leurs aptitudes cognitives…

 

Débutée au printemps 2014, cette étude inédite devrait s’achever dans un an. Il sera temps, alors, d’exploiter les conclusions de cette exploration approfondie du cerveau pour améliorer l’apprentissage de ces enfants dits précoces.

 

(1) L’IRM fonctionnelle (IRMf), est une technique d’imagerie par résonance magnétique qui permet de détecter les zones du cerveau activées par une tâche, un processus ou une émotion, ou tout simplement au repos.

 

 

 

Source : Le 14/12/2015, Pascal Auclair, RA-Santé : http://www.ra-sante.com/une-etude-decrypte-le-cerveau-des-enfants-precoces-269781.html

 

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